AJEM INTERVENTION DE TARIK HADDI

CONFERENCE DE LANCEMENT DE L’ASSOCIATION DES JEUNES ENTREPRENEURS DE MARRAKECH

Université Cadi Ayyad le  27 Décembre 2014 

Bonjour à tous.

Je suis très heureux d’être parmi vous aujourd’hui pour parler d’un thème, d’une cause j’allais dire, qui nous tient particulièrement à cœur chez Azur Partners, à savoir l’entreprenariat.

Je souhaiterai donc tout d’abord remercier la toute jeune Association des Jeunes Entrepreneurs de Marrakech pour leur invitation, l’Université de Kadi Ayad et son Département de formation, ainsi que les incubateurs des Universités de Marrakech et de Benguerir pour leur chaleureux accueil.

Avant de vous présenter le cadre général et les modalités d’intervention des fonds d’amorçage en gestation au Maroc, je souhaiterai, si vous le permettez, partager avec vous ma « vérité » sur l’entrepreneur, construite à travers une double expérience, celle d’un gestionnaire de fonds d’amorçage, qui a financé et accompagné un certain nombre d’entrepreneurs, mais également en qualité d’entrepreneur moi même, puisque en 2009 j’ai quitté mon poste de dirigeant dans la banque d’affaires d’une grande Banque nationale, pour créer avec mes associés notre propre société de gestion de fonds d’investissement, Azur Partners.

L’ENTREPRENEUR

Je définirai l’entrepreneur comme étant une personne qui a suffisamment confiance en elle et en la vie pour vouloir prendre en main son destin et qui, pour cela, est prête à se dépasser sur un terrain concurrentiel.

Vous conviendrez que cette définition réduit déjà sensiblement la taille de la population cible J

En effet n’est pas entrepreneur qui veut. Ce n’est pas l’aboutissement d’un simple processus intellectuel….

Il n’ y a rien de plus facile aujourd’hui que de créer une entreprise (48h et 2.000 dirhams)… mais il n’ y a rien de plus difficile que d’atteindre le « break even » ce moment magique où l’entreprise créé de la richesse, c’est à dire qu’elle génère une marge brute suffisante pour couvrir tous ses frais de fonctionnement, et où elle n’a plus besoin d’apport de ses actionnaires pour vivre.

C’est la rencontre à un moment précis, (i) d’un besoin sur un marché, (ii) d’un business model gagnant (création d’un nouveau marché, d’un nouveau produit sur un marché existant, innovation permettant de produire ou de distribuer un produit existant à moindre coût…) et (iii) de qualités humaines particulières…

Pour comprendre cela Il faut savoir ce qu’est la vie d’un entrepreneur.

Il a beaucoup observé, beaucoup réfléchi, consulté… et il est sûr que c’est le moment de se lancer.

Dès qu’il l’aura fait sa vie basculera…. Tous les jours que le Bon Dieu fera il devra faire face à une multitude de problèmes :

  • Tracas administratifs,
  • Actionnaires défaillants qui ne débloque pas leur part
  • Prospect qui change d’avis
  • Fournisseurs qui ne donne pas le crédit promis
  • Client défaillant qui ne peut pas ou ne veut pas payer alors que les livraisons ont été faîtes
  • Une « erreur de recrutement » qui part avec la caisse
  • Une nouvelle réglementation qui compromet le marché sur lequel on travaille depuis un an
  • Un concurrent dont l’innovation rend obsolète son produit
  • Des stocks qui enflent alors que les commandes tardent
  • Des frais fixes qui s’accumulent et qui crament la trésorerie disponible

Il faut des qualités particulières pour faire face, trouver des solutions et continuer à évoluer :

Il faut du sang froid et du recul.

Il faut beaucoup d’énergie et savoir entretenir sa motivation : relativiser, positiver, célébrer ses succès, aimer apprendre de ses échecs … l’entrepreneur est un éternel optimiste.

Il faut être endurant (les anglo saxons disent souvent qu’ « il n’ y a pas d’échecs, il n’ y a que des abandons ») et surtout résilient (l’art de rebondir).

Il faut être organisé pour distinguer l’urgent du non urgent, l’important du non important, anticiper…

L’entrepreneur doit savoir toujours garder la tête hors de l’eau et ne pas se noyer dans le quotidien, pour sentir où va le vent, les tendances et voir le second rebond de la balle.

Toujours à l’affût de la bonne façon de faire, de l’innovation qui lui donnera de l’avance par rapport à ses concurrents, l’entrepreneur.

Il doit avoir des aptitudes pour certains arts : la décision en environnement incertain, la résolution des problèmes (identification des causes impactantes, des solutions possibles, des critères de choix…), la communication, la persuasion, ….

Doté d’une bonne estime de soi, il doit surtout être humble.

Je vous le dis, le suffisant n’est pas entrepreneur,

l’assisté n’est pas entrepreneur,

le pessimiste n’est pas entrepreneur

le rigide n’est par entrepreneur

….

Voici ma « vérité » sur l’entrepreneur.

Et maintenant si il y a encore du monde dans l’amphi J je vous présente le cadre général de l’intervention des fonds d’amorçage et plus particulièrement celui géré par Azur Partners.

LE CADRE GENERAL DE L’INTERVENTION DES FONDS D’AMORCAGE

Donc nous disions que l’entreprenariat, c’est un subtil mélange de vision, d’énergie, de bon sens et de courage.

Mais ça ne suffit pas. Pour mener à terme son projet l’entrepreneur a en plus besoin de fonds, d’accompagnement, et …. surtout de beaucoup de chance J

Pour que des fonds privés puissent envisager d’investir dans de jeunes pousses il faut un cadre économique qui améliore les chances de succès des start up.

Au Maroc, la nouvelle stratégie industrielle nationale met la TPME au cœur des dispositifs à travers:

  1. La migration d’une simple sous-traitance d’exécution à une sous-traitance intégrée et de conception dans le cadre d’écosystèmes (GIE) industriels en cours de structuration (automobile, aéronautique, pharmacie, … et agroalimentaire) : intégration de la TPE dans les écosystèmes incitatifs pour la R&D et la mise à niveau technologique ;
  2. L’accompagnement de l’informel vers le formel ;
  3. L’adéquation des compétences aux besoins ;
  4. L’appui à la productivité à travers un appui ciblé à la TPME basé sur des synergies public/privé ;
  5. Une offre de location d’infrastructures d’accueil ;
  6. La mise en place du Fonds de soutien financier des TPME qui prévoit un cofinancement par le fonds, sous forme d’un prêt subordonné, et la garantie par la CCG de la part banque (à fin juillet 2014, 3,5 milliards de dirhams ont été garantis par la CCG, soit + 40% par rapport à la même période en 2013) ;
  7. La mise en place par Bank Al-Maghrib d’un programme de refinancement des banques commerciales sur une durée minimale de 2 ans.

La nouvelle charte de la PME donne un statut spécial à la TPE:

  1. Création d’un réseau d’information (dispositifs réglementaires, financements, opportunités d’affaires…) destiné au développement des TPE ;
  2. Simplification des démarches administratives ;
  3. Système du Small Business Act pour la participation des TPE aux marchés publics (simplification des procédures en ligne et possibilités accrues de proposer des offres conjointes) ;
  4. Amélioration des délais de paiement en faveur des TPE ;
  5. Structuration des partenariats durables Grandes Entreprises-TPE ;
  6. Elaboration d’un système fiscal adapté à la TPE ;
  7. Adaptation des financements garantis par l’Etat (Ilayki, Damane Express, Fonds de soutien financier des TPME) pour les rendre accessibles au TPE et pour permettre à celle-ci d’accéder notamment au foncier et aux locaux professionnels ;
  8. Harmonisation et articulation des programmes d’aide à la compétitivité des TPE aux niveaux national et régional: Moussanada, Imtiaz et  Intilak destinés aux startups innovantes, Tatwir dédié aux projets R&D… ;
  9. Création d’un Conseil National de la TPME pour la mise en œuvre et le suivi de la stratégie nationale TPE.

Enfin, la banque mondiale a mobilisé 50 M$US pour refinancer les dotations publiques destinées à la mise en place d’un fonds d’amorçage au Maroc annoncé au dernier GES, sommet de l’entreprenariat qui s’est tenu récemment dans votre Ville.

Ce projet est structuré autour de 2 composantes:

1- Un fonds à 3 compartiments:

  1. Compartiment Busines Angel, pour financer le passage de l’idée au prototype
  2. Compartiment Early – Stage, pour financer le passage du prototype à la structuration de l’entreprise
  3. Compartiment capital risque, pour financer le passage de la création d’entreprise au « break even »

2- Une assistance technique qui repose sur 2 axes:

  1. Soutien au management
  2. Stimulation du deal flow (subvention au développement de concept, subvention à la recherche appliquée, mentorat, accords avec l’Institut Agronomique, MASEN, les incubateurs universitaires …)

LES STRUCTURES D’AMORCAGE EXISTANTES

Actuellement 3 petits fonds d’amorçage existent :

DAYAM

MAROC NUMERIC

AFOULKI INVEST que gère Azur Partners

Pour Afoulki invest, Azur partners a adopté une approche unique totalement intégrée, puisqu’elle articule :

  • Structuration des business model
  • Investissement fonds propres et quasi fonds propres
  • Montage du système de production
  • Organisation du système de commercialisation
  • Organisation des fonctions Administration & Finance
  • Réseautage : auprès des gros clients, des gros fournisseurs, de l’Administration, des banques, des bailleurs de fonds des aides à la PME….
  • Avec une mutualisation des moyens entre les participations (Administration & Finance, R&D, distribution …)
  • Ainsi qu’un accompagnement rapproché des entrepreneurs dans le cadre de Comités de Suivi Mensuels:
  1. Reporting simplifié mensuel : Chiffre d’Affaires, Marge Brute, charges d’exploitation, EBITDA, créances clients et stocks, dettes nettes
  2. Identifications des axes de progrès pour atteindre un EBITDA positif
  3. Chaque axe de progrès est décliné en chantiers prioritaires
  4. et chaque chantier en plan d’actions
  5. et pour chaque plan d’action sont identifiés les RH et les aides financières à mobiliser (Moussanada, Imtiaz, BERD…)

Le fonds Afoulki est totalement investi aujourd’hui et Azur partners a pu développer :

  1. Son approche totalement intégrée
  2. Une excellente connaissance de l’entrepreneur marocain
  3. Ses compétences et sa culture de l’amorçage
  4. Son expérience, qui est le facteur clé de succès dans cette activité

CONCLUSION :

Pour conclure, je vous dirais que l’amorçage, est plus un sport extrême (hors piste par exemple J) que de la gestion d’actif et comme les sports extrêmes.

Il nécessite : Courage, Expérience, Rigueur, et Maitrise des meilleures diligences.

Merci pour votre attention et je suis à votre disposition avec les autres conférenciers pour répondre à vos questions.

 

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