Le plus gros fonds en capital-risque

Azur Innovation Fund n’aurait pu trouver meilleur contexte pour son closing. En effet, la crise du Covid-19 a permis de tirer deux principaux enseignements: Quand le financement est là, les Marocains peuvent faire preuve de créativité en matière d’entrepreneuriat. De plus, les activités de la nouvelle économie, drivées par la digitalisation, les objets connectés, l’intelligence artificielle, devraient connaître un important essor à la sortie de la crise.

Après trois ans de discussions, les investisseurs viennent d’officialiser leur entrée dans le capital du fonds. Un délai qui s’explique par la diversité des parties prenantes: CCG, CIH Bank, Bank of Africa, Masen, Saham Assurances, BAD, DGGF (fonds de développement du gouvernement hollandais) et la KfW (organisme allemand de financement de la coopération).

Les discussions entre actionnaires et gestionnaires du fonds ont pris du temps parce qu’il fallait trouver un consensus sur les critères de gouvernance, une politique d’investissement commune, d’audit…

C’est la première fois au Maroc qu’un fonds dédié au capital-risque des startups atteint 350 millions de DH. Le dernier était plafonné à 120 millions de DH. Les investisseurs étrangers ont franchi le rubicond grâce au levier financier apporté par la CCG pour un montant de 100 millions de DH et la garantie aux participants.

Azur Innovation Fund se distingue par le pouvoir discrétionnaire de l’équipe de gestion qui a l’autonomie en matière de décision. L’autre point fort du fonds concerne le ticket d’investissement qui démarre à 5 millions de DH par startup et qui peut faire l’objet d’une rallonge pouvant atteindre 15 millions de DH en fonction du développement du projet. Ce qui constitue une garantie de financement supplémentaire permettant aux startups de poursuivre leur croissance après la première amorce.

Lors de deux comités d’investissement du fonds, trois startups sur quatre ont été validées. L’une est une plateforme services, la deuxième est spécialisée dans le développement de jeux éducatifs en ligne et la troisième se positionne sur la détection et le monitoring du cancer.

«Notre politique d’investissement se base sur un certain nombre de critères tels que le caractère innovant du projet, son impact économique et social, ses perspectives à l’international, sa rentabilité, sa scalabilité… Mais le critère le plus important reste la qualité de l’équipe dirigeante en matière de gouvernance et sa maturité à traiter avec les investisseurs», explique Khalil Azzouzi, vice-président de la société de gestion Azur Innovation Management.

Le principe du partenariat s’appuie sur une prise de participation minoritaire dans le capital de la startup selon un pourcentage convenu avec les fondateurs ou à travers des obligations convertibles en actions, avec un horizon de retrait pouvant aller à sept ans. La sortie peut s’effectuer via la Bourse quand les critères sont remplis, la cession à un investisseur stratégique ou aux fondateurs s’ils le souhaitent, ou à travers un fonds d’investissement et de développement.

Modes de prospection

Les startups sont recrutées via les réseaux personnels des gestionnaires du fonds, par des confrères ou les réseaux sociaux, principalement LinkedIn, qui permet une première prise de contact et d’échange avec les porteurs de projet.
Le portefeuille Azur Innovation Fund a été intentionnellement limité à 20 startups pour que l’équipe gestionnaire, au nombre de sept experts totalisant plus de 80 ans d’expérience, puisse mieux se concentrer sur les structures dans lesquelles le fonds a investi. Sachant que le deal flow attendu serait de 1.000 startups sur les cinq à six ans à venir.

Hassan EL ARIF

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