Startups. Tarik Haddi: le Maroc a des atouts à faire valoir

 

Tout juste rentré de Londres où il a participé à une rencontre avec la diaspora marocaine, Tarik Haddi, président du directoire de Azur innovation fund revient sur les thèmes de son intervention. Cette dernière s’inscrit dans le cadre d’un évènement organisé à la suite du discours prononcé par le Roi Mohammed VI, le 20 août 2022. Il y explique les avantages d’investir au Maroc. Pour rappel, le Souverain avait appelé, lors de son allocution, le secteur national de la finance à s’ouvrir sur les investisseurs membres de la Communauté marocaine à l’étranger.

Autour de quels thèmes s’est articulée votre intervention ?
J’ai structuré mon intervention autour de trois axes. À commencer par les avancées du Maroc en matière de politiques industrielles, car il est important que les startups, qui veulent s’installer dans le Royaume, s’inscrivent dans ces politiques pour bénéficier d’écosystèmes structurés. Je me suis ensuite attardé sur le potentiel de l’écosystème startup au Maroc et les mécanismes d’accompagnement et de financement mis en place. J’ai enfin exposé le fonds Azur Innovation, qui peut accompagner les promoteurs souhaitant développer des startups innovantes au pays.

Quels secteurs particuliers avez-vous explorés avec la communauté à l’étranger ?
J’ai rappelé que les politiques industrielles du Royaume étaient axées sur les métiers mondiaux du Maroc (automobile, agro-alimentaire, textile, offshoring, aéronautique et chimie autour de l’OCP), auxquels se rajoutent désormais le numérique, les filières ENR et celles de l’hydrogène vert et de la gestion de l’eau. J’ai ainsi mis l’accent sur le business case du secteur automobile, pour illustrer comment une filière industrielle, accompagnée efficacement par l’État, pouvait créer des opportunités importantes d’installation de startups.

En 15 ans, le Maroc a su, en effet, construire un écosystème automobile de 250 usines, d’une capacité de production totale de 700.000 voitures par an (100 MMDH de chiffre d’affaires en 2022, soit +35% par rapport à 2021), avec un taux d’intégration de 64%. Cela fait du pays le premier exportateur de véhicules privés vers l’UE, devant les USA, le Japon, la Corée du Sud et la Chine. J’ai rappelé l’objectif de doubler les ventes de véhicules et de passer à un taux d’intégration locale de 80%.

Stellantis (Peugeot/Citroën) va, comme vous l’avez annoncé dans votre journal, investir plus de 3 MMDH pour doubler sa capacité de production (450.000 véhicules d’ici 2030) à Kénitra, avec un taux d’intégration de 70%.

Mais encore…
J’ai également rappelé l’objectif de décarbonation de la filière, afin de renforcer nos avantages concurrentiels par rapport à nos rivaux, dans le cadre de la mise en place de la taxe carbone aux frontières de l’Europe. Nous avions déjà l’avantage de la proximité, et donc de la faible émission de carbone du transport de nos marchandises. Pour rappel, les ENR représentent déjà près de 40% de notre mix énergétique, et une partie de cette énergie sera réservée à la filière automobile à des tarifs très compétitifs.

Le Maroc se fixe également pour objectif de tripler, voire de quadrupler, la production de véhicules électriques (40.000 par an actuellement) et une gigafactory de batteries électriques, qui représentent jusqu’à 30% du coût d’une voiture électrique, est en cours de structuration. Sur les six éléments chimiques qui composent la batterie électrique, le Maroc en possède quatre à l’état brut.

L’Europe veut un parc automobile à 100% électrique à partir de 2035. Cela présente d’importantes opportunités d’investissement pour nos entrepreneurs du monde, dans les champs de la décarbonation (transition énergétique, sobriété et efficacité énergétique, économie circulaire, captation du carbone…) et de la mobilité durable (software pour l’efficacité énergétique des véhicules, pour le guidage des véhicules autonomes…).

Notons une expérience pilote de captation du carbone par des algues, dans nos Provinces du Sud, avec le britannique Brillant planet, qui a su embarquer dans cette aventure des Marocains résidant au Royaume-Uni.
Le Maroc est d’ailleurs rentré dans le top 10 mondial des destinations pour la recherche et développement dans l’automobile, grâce à l’installation de centres de R&D et de startups pointus dans le domaine, ce qui a conduit à des dépôts de brevets importants.

Et les autres filières ?
L’automobile n’est évidemment pas la seule filière à présenter des opportunités pour nos entrepreneurs du monde: dans l’agro-alimentaire et le textile destinés à l’export, des usines 4.0, alliant IA, Internet des objets, capteurs, impression 3D…, se développent à travers le Maroc. Pour rappel, les exportations des produits agricoles transformés sont désormais supérieures à celles des produits agricoles non transformés, et ce pour la première fois dans l’histoire du Maroc…

Sur quoi reposent ses avancées? quelles sont les véritables atouts du Maroc pour ce investissements ?
Cette question est très importante. Elle doit se poser à tout entrepreneur souhaitant investir au Maroc. Je commencerais d’abord, par notre positionnement géostratégique qui est unique: avec un fort enracinement à la fois africain et méditerranéen, renforcé par un positionnement stratégique atlantiste. Le Maroc est le seul pays africain à avoir en même temps un accord d’association avec l’UE, des accords de libre-échange avec toutes les puissances commerciales méditerranéennes (Turquie, Golf, Égypte, Jordanie) et un accord de libre-échange avec les USA. Avec ses accords de libre-échange et d’association, il offre aux investisseurs un accès à des marchés de 1 milliard d’habitants, parmi les plus riches de la planète : USA, UE et Pays du Golfe (plus de 90% de nos échanges se font dans le cadre de nos accords de libre-échange).

Plus particulièrement, l’accord d’association et de voisinage avec l’UE offre à nos entrepreneurs domiciliés au Royaume-Uni l’accès au marché européen, malgré le Brexit. Sur l’Afrique, le Royaume, leader sur le sujet de la ZLECAF (Zone de libre-échange continentale africaine), est le 1er investisseur en Afrique de l’Ouest. Il ouvre ainsi à ses investisseurs le plus grand potentiel de croissance démographique et économique du monde : un continent de 1,4 milliard d’habitants aujourd’hui, soit 18 % de la population mondiale, et essentiellement jeune. Cette population va atteindre 2,5 milliards en 2050, alors qu’au rythme actuel de la baisse du taux de fécondité, les populations européennes et asiatiques vont commencer à fortement diminuer. Et il ne faut pas oublier que l’Afrique est riche, très riche, en ressources humaines, jeunes et de mieux en mieux formées, mais aussi naturelles : 60% des terres arables non exploitées, énergies fossiles et renouvelables, mines et minéraux, terres rares…. Et cette richesse sera progressivement mieux exploitée, sous l’effet de l’amélioration progressive de l’éducation et de la bonne gouvernance des nations africaines. En attendant, le continent s’urbanise plus vite que n’importe quelle autre partie de la planète.

Les mégapoles, ces villes d’au moins 10 millions d’habitants, se multiplient partout en Afrique (bientôt une dizaine), et elles ont besoin de tout ! Ensuite, il y a nos infrastructures, sans lesquelles cette ambition africaine serait vaine. J’ai rappelé que le Maroc disposait de Tanger MED, le 1er port en Afrique depuis cinq ans déjà, et qui est également devenu le 1er port en méditerranée depuis deux ans. Il est relié à plus de 40 ports africains, avec des connections au minimum hebdomadaires.

Le pays va doubler cette capacité avec Dakhla Atlantique, et se rapprocher davantage du continent. Et entre ces deux ports, nous disposons de réseaux routiers, autoroutiers, ferroviaires et aériens qui sont parmi les meilleurs d’Afrique.

Quid du positionnement du pays ?
Le positionnement vert du Maroc est stratégique pour notre décarbonation mais aussi pour celle de l’UE. Le Royaume, déjà puissance solaire et éolienne (on va finir l’année 2022 avec des ENR qui représentent 40% du mix énergétique national et 52% en 2030), se positionne aussi en tant que nouvelle puissance énergétique globale, avec le gazoduc offshore Maroc- Nigéria, notamment vis-à-vis de l’Europe confrontée à sa forte dépendance au gaz russe, dans un contexte de fragmentation de la mondialisation.

Le Maroc développe en outre une filière de l’hydrogène vert autour de laquelle pourront également se greffer les startups de la diaspora : deux grands projets avec des investisseurs indiens ont été lancés, l’un de 10 GW et l’autre de 100 GW, qui sera parmi les plus grandes usines de production d’hydrogène dans le monde. L’hydrogène sera obtenu en dessalant l’eau de mer avec de l’énergie éolienne et solaire 100% marocaine.

Là encore, il est recherché un taux d’intégration maximal, puisque les principales composants du projet (modules solaires, électrolyseurs, batteries…), seront fabriqués localement. La R&D n’est pas en reste, puisque l’UM6P a signé un partenariat avec le major britannique Chariot Limited, pour développer la formation et des projets pilotes pour ces composants, notamment les électrolyseurs…

La R&D aussi
Dans tous les secteurs, la R&D se développe au Maroc, avec des universités de classe mondiale, à l’instar de l’UM6P qui vient d’inaugurer son dôme de l’IA à Rabat, et de plus en plus de startup pointues. Le Pays compte déjà 10.000 ingénieurs dans la recherche et le développement, dont 3.000 recrutés en 2022. Plus globalement, la qualité de la ressource humaine s’est fortement améliorée chez nous.

Aujourd’hui, des usines japonaises s’installent au Maroc, et vous connaissez leurs exigences en matière de qualité. L’agilité et l’intelligence naturelles des Marocains, rencontrent désormais une meilleure qualification, grâce à une formation professionnelle ciblée et de meilleure qualité, structurée avec les industriels de chaque secteur. Le Royaume connait également un développement incroyable des écoles de codage : 1337, YouCode, Zone01…

Qu’en est-il des fragilités de notre modèle de développement ?
Il existe encore des contraintes en matière de sécurité juridique (nous avons beaucoup parlé ces derniers temps du recul constaté sur l’exéquatur des sentences arbitrales par exemple), de justice sociale, notamment en matière d’éducation et de santé… Mais le NMD, qui est devenu le programme politique et économique du gouvernement marocain, s’attache à apporter des solutions concrètes avec les réformes en cours relatives à la couverture maladie, le déploiement du RSU (qui va permettre un meilleur ciblage des aides publiques et de la compensation), et la feuille de route 2022-2026 pour une école publique de qualité examinée en Conseil de gouvernement jeudi dernier.

Et le potentiel de l’écosystème startup au Maroc, et les mécanismes d’accompagnement et de financement mis en place, dans tout cela?
Le Maroc, qui a gagné 10 places dans le dernier classement de l’Indice mondial de l’innovation (Global innovation index-GII), est désormais le troisième pays le plus performant en matière d’innovation au niveau africain, après Maurice et l’Afrique du Sud. Le programme F2I, déployé par Tamwilcom, avec l’appui financier du ministère des Finances, y est pour beaucoup. Ce programme de 500 MDH de fonds publics a permis de mobiliser 500 MDH de capitaux privés, d’accompagner 1.000 entrepreneurs sur les phases de prototypage et d’accès au marché dont 500 startups financées. Une cinquantaine de brevets ont été déposés et les startups financées réalisent déjà un CA cumulé de près de 500 MDH.

Mais, plus important encore, ce programme a amorcé une dynamique qui a attiré de grands opérateurs nationaux (CDG avec 212 Fouder, OCP avec UM6P ventures, AKWA afri mobility, Orange Maroc, Total Maroc…) et internationaux (Endeavor, Plug&Play, Station F, Microsoft…)

Ce n’est pas tout…
Dans le cadre du F2I 2.0, il va être procédé à une segmentation plus fine des structures d’accompagnement soutenues par l’État : pré-incubation, incubation et accélération, avec un focus sur l’accélération (accompagnement assorti d’un investissement de 500.000 DH à 2 MDH). Un travail important a été fait pour passer de 0 à 7, sur une échelle de 1 à 10, mais il reste un gap pour arriver à 10, seuil pour qu’un VC puisse investir. Aujourd’hui, ce sont les VC qui comblent ce gap, dans les limites de ce que leur autorisent leurs politiques d’investissement fixées par leurs investisseurs … ; Il y a également le programme Intelaka destiné aux auto-entrepreneurs, aux TPE et aux startups ayant un CA de moins de 10 MDH et moins de cinq ans d’activité.

Il s’agit d’un financement bancaire, à hauteur de 1,2 MD, visant à couvrir des dépenses d’investissement (93% des financements à fin 2022) ainsi que les frais d’exploitation initiaux, garanti à 80% par Tamwilcom, le reste étant garanti par le projet (nantissement du matériel ou du fonds de commerce) et non pas par le promoteur (pas de caution personnelle). Le taux d’intérêt est de 2% HT (1,75% HT si le projet est en milieu rural). Et pour les startups en démarrage, elles ont droit à un complément de 20% du crédit d’investissement, plafonné à 50.000 MAD, pour couvrir le BFR de démarrage, à un taux de 0%, et sans garantie (remboursable en cinq ans sauf en cas d’ouverture d’une procédure de liquidation judiciaire).

Les crédits accordés dans le cadre du programme «Intelaka», vont approcher les 10 MMDH en cumulé à fin 2022, pour plus de 50.000 projets financés, soit plus de 15 MMDH d’investissements réalisés.

Il y a aussi Forsa et le Fonds Mohamed VI ?
Le programme Forsa, quant à lui, est destiné à soutenir le développement de la micro-entreprise. Ce mécanisme permettra à la SMIT de débloquer des aides au financement, qui peuvent aller jusqu’à 100.000 dirhams, et faire accompagner le projet de création d’entreprise par un incubateur. 10.000 projets sont ciblés par le programme pour 2022 et les incubateurs et institutions de financement ont été mobilisés par la SMIT.

Le Fonds Mohamed VI pour l’Investissement va permettre d’assurer la pérennité de tous ces dispositifs. 15 MMDH ont été mobilisés par l’État, avec un objectif de 45 MMDH, pour accompagner la relance économique à travers l’innovation et les activités à fort potentiel de croissance, la promotion des petites et moyennes entreprises, la restructuration industrielle, les infrastructures, l’agriculture et le tourisme.

Le Fonds interviendra par des investissements directs ou à travers des fonds à long terme pour l’infra et les grand projets agricoles et touristiques. Il agira également à travers des fonds thématiques ou sectoriels pour l’innovation et les activités à fort potentiel de croissance, la promotion des petites et moyennes entreprises et la restructuration industrielle.

En deux mots, pourquoi investir au Maroc maintenant ?
Investir au Maroc c’est investir dans l’avenir. Avec tout le respect que l’on doit à L’Europe, notre partenaire historique, l’Afrique, représente davantage l’avenir de la croissance, si l’on sait voir grand et loin. Mais à la vitesse où vont les choses, c’est immédiatement qu’il faut y aller, sinon il sera trop tard. Les marchés sont ainsi faits: premier venu, premier servi…
Morocco Now !

Un cadre incitatif pour l’investissement

1. Stabilité et bonne articulation du temps long et du temps court, grâce à une monarchie garante des intérêts stratégiques et économiques à long terme et des majorités parlementaires, élus démocratiquement tous les cinq ans et garantissant l’adhésion politique et sociale à court et moyen terme ;

2. Un rating très correct, puisque malgré les impacts de la Covid-19 et de la guerre en Ukraine sur les chaînes d’approvisionnement, l’énergie et les matières premières, Fitch vient de confirmer la notation BB+ avec perspectives stables du Maroc ;

3. Des politiques industrielles efficaces et dynamiques ;

4. La charte d’investissement qui se donne pour objectif de faire de l’investissement privé le moteur des investissement aux Maroc et renforce l’accompagnement de l’État et des Régions sur tous les plans : relations avec l’administration (la plateforme CRI-Invest va alléger de 45% les procédures d’investissement), avantages fiscaux et douaniers (négociables pour les projets stratégiques et à définir par voies législatives ou règlementaires pour les TPPME), financement (primes communes, primes territoriales dans le cadre des plans de développement régionaux, primes sectorielles dans le cadre des politiques d’investissement, toutes cumulables avec un plafond de 30% du montant de l’investissement), foncier, énergie, logistique, RH, IT, et formation professionnelle…,

5. CFC pour les services (finance, conseil …) est la première place financière en Afrique en termes d’opérateurs et d’investisseurs du monde entier installés pour se déployer en Afrique ; elle continue de se développer et va bénéficier du soutien du gouvernement pour renforcer les investissements internationaux au Maroc, mais aussi les investissements du Maroc en Afrique.

Les projets de “Azur innovation fund”

Le fonds Azur innovation, un fonds thématique orienté startup innovante, souhaite effectivement investir et accompagner des promoteurs marocains du monde désirant se positionner au Maroc. Nos critères actuellement sont simples. Il faut être domicilié au Maroc, avoir moins de cinq ans d’activité, réaliser moins de 100 MDH de chiffre d’affaires, innover en matière de produit/service ou de modèle économique, apporter une preuve du concept et de marché, avec des ventes récurrentes et disposer d’une scalabilité démontrée.
Concernant les secteurs ciblés, la priorité est donnée à la transition climatique.

La Banque mondiale estime que le Maroc doit investir 80 MM de dollars d’ici 2050 (soit 3,5% du PIB annuellement), pour s’adapter au bouleversement climatique : décarbonation de l’économie, gestion de la rareté de l’eau et gestion des risques climatiques ; sècheresses dans certaines zones, inondations dans d’autres… 70% de cette enveloppe (53 MM de dollars) iront à la décarbonation de l’économie : transition énergétique (ENR, stockage électricité produite…), efficacité énergétique, économie circulaire, captation du carbone… Les software et l’IA peuvent jouer un rôle important dans l’économie et l’optimisation énergétique à tous les niveaux : production, transport et distribution de l’énergie, stockage et utilisation de l’énergie.

Concernant l’eau, une nouvelle filière industrielle est née, notamment autour du dessalement de l’eau de mer et pour laquelle il y a aussi un besoin de startups innovantes : après Al Hoceima, Tarfaya, Agadir et Laâyoune (le 13 octobre dernier), le Maroc totalise une capacité de 250.000 M3 par jour d’eau potable, en utilisant la technique de l’osmose inverse et un système de récupération d’énergie permettant d’optimiser le coût de production du m3 d’eau dessalée.

Concernant l’agriculture, d’importantes avancées ont été réalisées avec la micro-irrigation, mais il reste beaucoup à faire en matière d’innovations pour l’économie de l’eau.

Plus globalement, dans les agritechs, un champ d’innovation à une échelle africaine a été ouvert sous l’impulsion de l’OCP. Avant la fin de ce siècle, ce dernier pourra apporter la sécurité alimentaire à toute la planète, puisque l’on compte, sur le continent, 60 % des terres arables non exploitées du monde. L’intelligence artificielle, les drones, la robotique, les capteurs et les systèmes mondiaux de navigation par satellite, ainsi que l’Internet des objets, sont autant de domaines où nos promoteurs peuvent innover et entreprendre.

L’économie de plateforme représente aussi une autre opportunité de création de valeur au Maroc et en Afrique. Le partage d’actifs, dit commodément «ubérisation», permet aux petits et moyens agriculteurs d’accéder à des tracteurs, moissonneuses batteuses, ou autres, sans avoir à les acheter.

Dans le numérique, des investissements d’entreprises internationales, leaders dans le digital, sont engagés pour 600 MDH, avec un accompagnement de 1 MMDH par l’État marocain (PLF 2023). Ces entreprises auront besoin de startups locales pour développer leurs programmes, en matière de digitalisation des services publics, des marchés publics, du recours au cloud, de la généralisation de la signature électronique…

Les fintechs sont également un axe majeur pour Azur innovation fund, puisque nous avons deux grandes banques commerciales dans notre tour de table. Le cadre juridique et réglementaire, encore trop frileux en raison des risques liés à la stabilité financière, la protection des consommateurs, le blanchiment des capitaux, le financement du terrorisme, ou encore la cybersécurité, finira par s’adapter. BAM a d’ailleurs créé un One stop shop fintech, pour accompagner les fintechs sur les aspects réglementaires, ainsi qu’un Lab innovation, pour expérimenter les solutions proposées.

Et afin d’accompagner le Nouveau modèle de développement, nous ciblons également l’Edtech et les Medtech.

“Gen J”, un livre sur l’innovation

Tarik Haddi vient d’écrire un livre auquel Les Inspirations ÉCO a consacré un article dans ces colonnes précédemment. Il s’agit de «Gen», qui porte principalement sur l’innovation. «Génération J veut dire la Génération joutia, ou l’innovation frugale «made in Morocco». Le projet est de promouvoir une innovation enracinée dans notre culture, afin d’ancrer profondément l’innovation dans la société marocaine», explique-t-il. «L’ambition est d’amorcer un processus de mise en valeur des meilleures réalisations en matière d’innovation frugale chez nous, mais aussi d’engager le débat et la réflexion sur les mécanismes d’accompagnement à mettre en place», ajoute Haddi. Le livre est à consommer sans modération, puisque les droits d’auteur sont destinés à financer cette plateforme de débats et de propositions, en cours de conception.

Source: Les Inspirations ÉCO

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